Stage Unis vers le cheval

STAGE AVEC MARIE-PASCALE BOURGEAIS

J’ai commencé l’équitation vers 13 ans, par des stages et balades lors des camps d’été, que j’adorais. A l’adolescence, poussée par l’attraction et le plaisir que je prenais au contact de l’animal, j’ai suivi des cours d’équitation traditionnelle française. Au fur et à mesure que je grimpais les échelons jusqu’aux concours de sauts d’obstacles, ont vu le jour en moi des peurs, voire un dégoût de me rendre aux reprises. Elles se sont nourries des chutes, du confinement du manège alors que j’associais le cheval aux grands espaces, du stress lors des concours, de l’encadrement des cours. Cela ne correspondait pas à ce que j’aspirais à vivre avec les chevaux. La joie et le plaisir ont peu à peu disparu, et j’ai arrêté l’activité.

Plusieurs années se sont écoulées et mon amour du cheval demeurait, mais lors des quelques balades que j’ai pu refaire la peur revenait et me faisait parfois perdre la maîtrise de la situation. Ce n’était pas concluant… et pourtant je continuais à nourrir le rêve de pouvoir un jour faire un voyage au long cours à cheval. Pour pouvoir partager des chevauchées et travail à la ferme avec les cow-boys/girls que je ne manquerai pas de rencontrer lors de ma randonnée aux Etats-Unis, j’ai décidé de traverser mes peurs et reprendre des leçons d’équitation.

En cherchant des centres équestres dans ma région angevine j’ai trouvé un prospectus de Marie-Pascale, dont la philosophie proposée correspondait parfaitement à mon besoin. C’est ainsi que nous avons commencé ensemble, avec ses chevaux et poneys, un cycle de travail où, peu à peu, je suis revenue à la relation avec le cheval.

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Le travail à pied auprès du cheval a représenté pour moi une étape essentielle : il m’a fallu d’abord développer ma « vision panoramique », c'est-à-dire m’entraîner à garder constamment à l’esprit la conscience de l’environnement, au même titre que le cheval qui perçoit tout ce qui se passe autour de lui avec acuité, afin de pouvoir agir, réagir, évoluer dans cet environnement sur les mêmes bases que lui.

A cette vision panoramique s’est ensuite intégrée la présence à soi : être dans l’ici et maintenant, consciente de soi, de son corps, dégageant une énergie que le cheval perçoit et qui constitue notre meilleur atout pour communiquer avec lui, au-delà des techniques à la disposition du cavalier. Cette présence à soi nécessite une attention permanente aux signaux de son corps ; j’ai ainsi travaillé ma capacité à ressentir mes émotions aux côtés du cheval, qu’il perçoit alors que parfois nous n'en n’en avons pas conscience nous-mêmes. Si j’ai peur mais que je me comporte comme si je maîtrisais la situation, j’envoie un message contradictoire au cheval qui n’est alors pas en confiance avec ce qu’il attend de moi, être un meneur fiable ! Le rythme est lent : chaque peur, malaise ou émotion désagréable, une fois nommée, laisse peu à peu la place et l’espace à d’autres expériences, centrées sur la joie et le plaisir de ressentir la connexion qui s’établit avec le cheval. La relation de confiance se met alors en place et nous permet d’évoluer ensemble jusqu’à pouvoir se passer de longe pour le conduire.

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Une fois plus à l’aise à pied, j’ai pu monter en selle. L’objectif était de trouver mon « assiette », mon équilibre sur le dos du cheval pour faire corps avec lui. Je suis montée la plupart du temps sans étriers, sur une selle sans arçon qui m’a permis de ressentir les mouvements du cheval et l’incidence de ma posture sur son allure. 

J’ai pris confiance et adopté progressivement une posture plus détendue et en lien avec le cheval. Je n’ai aujourd’hui plus l’angoisse de remonter à cheval et pars sur de bonnes bases, plus confiante pour partir vers mon voyage chez les cow-boys américains. J’ai compris que l’on pouvait se faire respecter dans la confiance, sans user d’autorité ou de contrôle, les clés que représentent la conscience de l’environnement et la présence à soi, la subtilité et la richesse de ce que je peux vivre au contact des chevaux. Au-delà de cela j’en retire également un meilleur respect et écoute de moi-même, une estime personnelle et une confiance en moi accrues.

Merci à Marie-Pascale pour ces précieux enseignements, transmis toujours dans le respect de mon rythme, l’écoute des chevaux, avec une grande bienveillance et beaucoup de patience !

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